La "super app" d'Airbnb
Et aussi: Des abonnements IA chez Meta – Alexa+ arrive en France
Courses, transport, location de voitures: Airbnb accélère sa diversification
Relancés l’an passé, les ambitions d’Airbnb dans les services s’accélèrent. La semaine dernière, lors de sa conférence annuelle consacrée aux nouveautés produit, la plateforme de location de courte durée a dévoilé de nouvelles fonctionnalités, allant de la location de voitures à la commande de courses. Objectif initial: “proposer à peu près tout ce dont un voyageur a besoin”, explique Brian Chesky. Mais son ambition va plus loin encore. Le dirigeant entend transformer Airbnb en application du quotidien, utilisée plusieurs fois par an, et plus seulement lors des déplacements.
Pour y parvenir, Brian Chesky imagine un “Amazon des services”: une place de marché regroupant des “centaines” de catégories pour “tous les besoins en matière de voyage et de vie quotidienne”. Certains services seront développés directement par Airbnb, d’autres proposés par des partenaires tiers, sur lesquels la plateforme prélèvera une commission de 10% ou de 15%. À terme, ces offres pourraient générer un milliard de dollars de chiffre d’affaires par an. À titre de comparaison, l’entreprise a généré 12,2 milliards de revenus l’an dernier.
Courses, transport, consigne…
Concrètement, les voyageurs Airbnb peuvent désormais commander des courses, qui pourront même être livrées et rangées dans le logement avant leur arrivée. Cette option, proposée en partenariat avec la plateforme américaine Instacart, n’est pour le moment disponible que dans 25 villes aux États-Unis. Les utilisateurs peuvent aussi réserver un chauffeur pour leurs trajets vers ou depuis leur hébergement, ou encore déposer leurs bagages dans des consignes. Cet été, Airbnb ajoutera également la location de voitures. D’autres services, actuellement en phase de test, devraient être lancés dans les prochains mois.
L’an dernier, Airbnb avait déjà amorcé cette diversification avec l’ajout d’une offre de services à la personne, sans s’appuyer sur des partenaires, mais sur un réseau de professionnels indépendants. Neuf catégories sont proposées: chef à domicile, plats préparés, massage, manucure ou encore coach sportif. La société avait également relancé sa plateforme d’expériences, des activités organisées par des habitants pendant un séjour. Celles-ci avaient été suspendues pendant la crise sanitaire, avant de faire leur retour et d’être à nouveau mises en pause.
“Concierge ultime”
Avec ces nouveaux services directement proposés dans le logement loué, Airbnb espère séduire une clientèle plus large et ainsi augmenter le nombre de nuitées réservées. “Les voyageurs choisissent les hôtels pour leurs services. Ils choisissent Airbnb pour les logements. Désormais, nous réunissons les deux”, expliquait l’an dernier Brian Chesky. Le dirigeant estime également que les services pourraient servir de porte d’entrée vers Airbnb pour des voyageurs habitués à séjourner à l’hôtel. Autre enjeu: capter une part plus grande des dépenses de voyage afin d’accroître le panier moyen.
Au-delà des services et des expériences, Airbnb veut aussi capitaliser sur les progrès de l’intelligence artificielle générative. La société développe un robot conversationnel, destiné, dans un premier temps, au service client. À terme, celui-ci doit devenir “le concierge ultime”, assure Brian Chesky. L’outil sera d’abord dédié au voyage, par exemple pour aider à organiser des vacances ou pour faire des recommandations en s’appuyant sur les préférences des utilisateurs. Il sera ensuite élargi à d’autres domaines, potentiellement par l’intermédiaire de partenariats.
Pour aller plus loin:
– Profitant du rebond du tourisme, Airbnb devient rentable
– Bruxelles veut (un peu) réguler Airbnb
PARTENAIRE
Pour Olivier Della Maggiore, CTO Europe de CBTW, le débat sur l’adoption de l’IA en entreprise est désormais dépassé. L’IA est déjà utilisée au quotidien par les collaborateurs, souvent sans cadre défini ni supervision du management. Le véritable enjeu n’est donc plus de savoir s’il faut adopter l’IA, mais comment structurer ses usages pour en tirer un impact concret sur la performance.
Selon lui, l’absence de gouvernance crée une “valeur négative”: pratiques incompatibles, écarts de qualité, surcharge des profils seniors et risques croissants autour de la confidentialité, de la conformité ou du code produit.
Pour répondre à ces défis, CBTW a choisi d’expérimenter et de maîtriser l’IA en interne avant d’accompagner ses clients. L’entreprise a ainsi mis en place une démarche continue d’évaluation des outils et lancé un programme de certification autour de Claude Code.
Cette approche produit des bénéfices tangibles: réduction des coûts et des défauts en production, meilleure maîtrise des risques liés aux usages non encadrés, mais aussi accélération des cycles de développement. Pour CBTW, la maîtrise de l’IA devient désormais un levier stratégique et un élément central du delivery technologique.
Lire l’interview de Olivier Della Maggiore, CTO Europe CBTW, Global Tech Solutions
Pour échanger avec lui sur les approches mises en œuvre chez CBTW, contactez-le directement
Meta lance ses premiers abonnements dédiés à l’intelligence artificielle
Ce n’était qu’une question de temps. Mercredi, Meta a dévoilé ses premières offres d’abonnement pour Meta AI, son chatbot d’intelligence artificielle générative. Baptisées One Plus et One Premium, elles permettront notamment de générer davantage d’images et de vidéos, ainsi que d’accéder à des fonctionnalités de raisonnement avancées. Elles seront progressivement déployées auprès des utilisateurs, en commençant par Singapour, le Guatemala et la Bolivie. Leur prix est fixé respectivement à 8 et 20 dollars par mois, des tarifs similaires à ceux de ChatGPT.
Succès loin d’être garanti
Lancé en 2023, Meta AI est directement intégré sur les plateformes vedette de la société: Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Une position privilégiée qui lui permettrait d’attirer plus d’un milliard d’utilisateurs par mois, soit davantage que ChatGPT et Gemini de Google. Pour autant, le succès de ces deux offres est loin d’être garanti. Combien d’utilisateurs utilisent suffisamment le chatbot pour accepter de payer un abonnement, au même prix que d’autres services concurrents s’appuyant sur des modèles plus performants et dotés de fonctionnalités plus larges ?
Ces offres constituent la première tentative de Meta de monétiser ses investissements massifs dans l’IA. Si Mark Zuckerberg insiste régulièrement sur des gains de performance publicitaire, ceux-ci ne suffisent pas à justifier les sommes engagées pour construire des data centers et acheter des puces. L’an dernier, ses dépenses d’investissement ont presque doublé pour atteindre 72 milliards de dollars. Elles devraient se situer entre 125 et 145 milliards cette année, un niveau largement supérieur aux liquidités générées par ses activités, contraignant ainsi le groupe à recourir massivement à l’endettement.
Pour aller plus loin:
– Meta licencie à nouveau pour financer ses investissements dans l’IA
– Avec son nouvel modèle d’IA, Meta tente de revenir dans la course
Amazon déploie la nouvelle génération d’Alexa en France
Douze ans après son lancement, Alexa entre à son tour dans l’ère de l’intelligence artificielle générative. Déjà déployée aux États-Unis, la nouvelle version survitaminée de l’assistant vocal d’Amazon commence progressivement à être accessible en France, notamment pour les possesseurs d’une enceinte connectée Echo. S’appuyant sur les progrès spectaculaires des grands modèles de langage, le service est désormais capable de dialoguer en langage naturel, de répondre à des requêtes beaucoup plus complexes ou encore de mémoriser certaines informations personnelles.
Gratuit pour les abonnés Prime
Pionnier du secteur, Amazon n’avait pas anticipé l’essor fulgurant de l’IA générative, qui a complètement ringardisé les assistants vocaux historiques. En septembre 2023, le géant du commerce en ligne avait ainsi promis une version améliorée d’Alexa. Mais ses ingénieurs ont rencontré plus de difficultés que prévu pour atteindre des temps de réponse convenables et réduire les erreurs. Selon l’agence Bloomberg, le lancement était initialement prévu début 2024. La nouvelle version n’a finalement été présentée que l’an dernier, et son lancement à grande échelle n’a eu lieu qu’en février.
Sur le papier, Alexa+ est proposé à 23 euros par mois, soit le même tarif que ChatGPT Plus. Dans les faits, personne ne devrait payer ce prix: le service est en effet intégré à l’abonnement Prime, commercialisé à seulement 7 euros. Amazon espère inciter davantage d’utilisateurs d’Echo à souscrire à son offre. Et ainsi augmenter ses ventes car les clients Prime, qui bénéficient notamment de la livraison gratuite, achètent davantage que les autres. Le groupe pourrait par ailleurs utiliser Alexa+ comme levier pour justifier de futures hausses de prix de son abonnement.
Pour aller plus loin:
– Après le flop de l’AI Pin, la start-up Humane est rachetée par HP
– Grâce à l’IA, les lunettes connectées deviennent tendance
Crédit photos: Airbnb – Unsplash / Lazar Gugleta




