Instagram et WhatsApp sauvent leur peau
Et aussi: Timide rebond des levées de fonds en Europe
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Meta échappe à une vente forcée d’Instagram et de WhatsApp
Le juge chargé du dossier avait, à plusieurs reprises, averti la Federal Trade Commission (FTC) qu’elle aurait “fort à faire” pour obtenir le démantèlement de Meta. Mardi, sept mois après un procès très médiatisé, il a finalement débouté le gendarme américain de la concurrence, estimant qu’il n’avait pas su démontrer que le géant de Menlo Park occupe une position monopolistique sur le marché des réseaux sociaux. Par conséquent, ce dernier n’aura pas à revendre Instagram et WhatsApp, rachetés il y a plus de dix ans.
Pour justifier son verdict, le magistrat pointe la principale faille de l’argumentaire de la FTC: la définition du marché, une procédure très technique souvent cruciale dans les affaires antitrust. Le régulateur avançait que Meta n’était en concurrence qu’avec Snapchat et MeWe, un réseau social confidentiel quasiment inconnu. Il écartait ainsi TikTok, YouTube ou X, considérant que ces plateformes évoluaient dans un segment différent. La FTC peut faire appel de ce verdict, mais cette hypothèse semble peu probable.
“Killer acquisitions”
Ce verdict marque l’aboutissement d’une longue procédure déclenchée fin 2020, dans les dernières semaines de la première administration Trump. L’affaire portait sur les acquisitions d’Instagram en 2012 pour un milliard de dollars, puis de WhatsApp deux ans plus tard pour 19 milliards. À l’époque, la FTC avait pourtant validé ces deux opérations, sans imposer la moindre condition à Meta – qui s’appelait encore Facebook. Mais la domination du groupe, sans grand rival il y a cinq ans, l’avait cependant amené à revoir sa position.
Soutenue par une quarantaine d’États américains, la FTC considérait alors ces rachats comme des “killer acquisitions”, uniquement motivés par la volonté de mettre la main sur des rivaux avant qu’ils ne deviennent trop menaçants. Elle jugeait ainsi que ces opérations avaient été préjudiciables pour les consommateurs, en cadenassant le marché des réseaux sociaux et de la messagerie. Et en permettant à Meta d’imposer davantage de publicités et moins de protection de la vie privée, au détriment de l’expérience utilisateur.
Kevin Systrom règle ses comptes
Cette lecture des faits avait été appuyée par le témoignage de Kevin Systrom. À la barre, le cofondateur d’Instagram avait réglé ses comptes avec son ancien employeur, accusant à demi-mot Mark Zuckerberg de jalousie devant l’immense succès de l’application de photos. Il avait également affirmé que Meta avait sous-investi dans la plateforme, notamment lors de la transition vers la vidéo. Et assuré qu’Instagram aurait pu réussir sans être racheté, puisqu’elle aurait pu facilement lever des fonds auprès d’investisseurs.
De son côté, Meta mettait en avant les “milliards de dollars d’investissement” présentés comme le moteur du succès d’Instagram et WhatsApp, qui comptent aujourd’hui plus de trois milliards d’utilisateurs dans le monde. “Nous avons rendu les applications plus performantes, plus fiables et plus sécurisées”, au bénéfice des consommateurs, expliquait la société. Elle soulignait également l’importance de son infrastructure informatique, qui a permis aux deux plateformes de grandir rapidement.
Monopole en 2020, plus aujourd’hui
Meta a surtout insisté sur la définition du marché, avançant que le périmètre retenu par la FTC était trop restreint. Le gendarme de la concurrence avait en effet choisi de se concentrer uniquement sur les “réseaux sociaux personnels”, ce qui lui permettait de justifier la position de monopole de l’entreprise. Celle-ci avançait au contraire que la compétition était beaucoup plus large, incluant au minimum YouTube et TikTok, avec lesquels elle rivalise pour capter l’attention et le temps des internautes.
Cet argument a été retenu par le juge. “La FTC continue d’insister sur le fait que Meta est en concurrence avec les mêmes anciens rivaux qu’au cours de la dernière décennie”, note-t-il dans son verdict. Or, poursuit-il, “des applications émergent puis déclinent, suivent une tendance pour en abandonner une autre, et ajoutent de nouvelles fonctionnalités chaque année”. Autrement dit, ce qui pouvait être vrai il y a cinq ans ne l’est plus aujourd’hui. Par exemple, le nom de TikTok n’est apparu dans le dossier qu’en 2023.
Pour aller plus loin:
– La Silicon Valley se prosterne devant Donald Trump
– Malgré sa condamnation, Google échappe à une vente forcée de Chrome
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Génération AI: trois jours pour plonger au cœur de la révolution IA
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Grâce à l’IA, les levées de fonds rebondissent (timidement) en Europe
Même les plus optimistes avaient fini par perdre patience. Déjà attendue l’an dernier, la reprise des levées de fonds s’est enfin matérialisée en Europe. Après trois années de recul, les sommes récoltées par les start-up du continent devraient repartir à la hausse en 2025, selon le rapport annuel du fonds de capital-risque britannique Atomico, publié ce mercredi. Le rebond reste toutefois modeste: avec 44 milliards de dollars levés, la progression n’atteint que 7% par rapport à 2024, très loin du bond observé aux États-Unis.
L’écosystème américain tire pleinement profit de l’essor de l’intelligence artificielle générative. Dans le sillage d’OpenAI, Anthropic ou encore xAI, la start-up d’Elon Musk, qui enchaînent les tours de table d’envergure, les levées de fonds dans le secteur devraient quasiment doubler cette année aux États-Unis, atteignant 146 milliards de dollars. C’est dix fois plus qu’en Europe, où elles devraient passer de 10 à 14 milliards, dont 1,7 milliard pour la start-up française Mistral AI.
Manque de sorties
Si l’impact de l’IA est moins spectaculaire sur le continent, il explique cependant à lui seul le retour dans le vert des levées de fonds. Sans ce secteur, celles-ci auraient accusé une baisse d’un milliard de dollars. Autre signe préoccupant: le nombre d’opérations n’en finit plus de baisser. Il devrait tomber sous les 4.000, contre 4.800 l’an dernier et 9.400 en 2021. Ce serait le plus faible total depuis plus de dix ans. Petite consolation: le montant moyen des levées et les valorisations confirment la hausse amorcée l’an dernier.
Face aux États-Unis, l’Europe continue de pâtir d’un sous-investissement chronique dans ses start-up. Les levées de fonds ne devraient représenter que 0,17% du PIB cette année, contre 0,74% outre-Atlantique. Le continent souffre toujours d’un cruel manque persistant d’introduction en Bourse et de rachat, même si la situation s’est légèrement améliorée, notamment en raison d’un contexte macroéconomique plus favorable. Or, ces opérations de sortie sont primordiales pour pérenniser l’écosystème sur le long terme.
Pour aller plus loin:
– Levées de fonds, incertitudes politiques… Le jour sans fin de la French Tech
– “Les start-up n’attendent pas des conditions parfaites pour innover”
Crédit photos: Unsplash / Julian Christ – Unsplash / Claudio Schwarz




