Firefox fait de la résistance
Et aussi: Droits d'auteur, OpenAI condamné, Stability AI relaxé
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Firefox cherche encore sa place dans l’ère de l’intelligence artificielle générative
En intégrant le mois dernier le moteur de recherche de Perplexity AI, Firefox a réalisé un pas supplémentaire vers l’intelligence artificielle générative. Pour autant, le navigateur Internet “n’a pas l’intention de tout bouleverser”, assure Anthony Enzor-DeMeo, qui dirige Firefox chez Mozilla. Face à l’émergence de nouveaux concurrents bâtis autour d’un chatbot, comme Atlas d’OpenAI, le dirigeant affirme explorer “différentes pistes” pour répondre aux attentes de certains utilisateurs. Mais il promet aussi d’avancer avec prudence.
Et pour cause: s’il admet que l’expérience utilisateur des navigateurs a peu évolué ces dernières années, se limitant à des innovations marginales, Anthony Enzor-DeMeo ne sait pas encore si cette nouvelle façon de surfer sur Internet parviendra à s’imposer. Il pointe “une vision beaucoup plus restreinte du web”, qui se résume à fournir une réponse unique à une requête. Et s’interroge sur la viabilité du modèle économique: compte tenu de leurs coûts, ces navigateurs pourraient, selon lui, reposer à terme sur des offres payantes.
Parts de marché en chute libre
Lancé en 2004, Firefox se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Mozilla, fondation à but non lucratif qui pilote le projet peut certes se réjouir de conserver les quelque 500 millions de dollars que lui verse Google chaque année. Mais le navigateur ne cesse de perdre des parts de marché: à peine 2,2%, selon les estimations du cabinet StatCounter. Bien loin du pic de 32% atteint en novembre 2009, lorsqu’il avait ébranlé la position quasi monopolistique d’Internet Explorer, le navigateur de Microsoft.
Depuis, Firefox a subi de plein fouet l’irrésistible ascension de Chrome, lancé en 2008 par Google. Mozilla revendique encore quelque 200 millions d’utilisateurs. Autant d’internautes “qui ont choisi de ne pas utiliser le navigateur par défaut de leurs appareils”, souligne Anthony Enzor-DeMeo. Un handicap de taille face à Google, Apple et même Microsoft, malgré l’instauration d’écrans de sélection, notamment en Europe, permettant de choisir leur navigateur lors de la première utilisation d’un smartphone ou d’une tablette.
Déjà de l’IA sur Firefox
Pour Firefox, l’IA pourrait bien représenter une nouvelle menace. Trois nouveaux rivaux se sont lancés depuis l’été. En plus d’OpenAI, Perplexity a dévoilé son navigateur Comet, précédé de quelques semaines par la start-up The Browser Company. Firefox a déjà anticipé cette évolution, en permettant d’ouvrir le chatbot de son choix dans une barre latérale. Mais cette intégration reste limitée: elle ne permet ni d’analyser le contenu d’une page ni de prendre le contrôle du navigateur, à l’image de ce que propose Atlas.
Anthony Enzor-DeMeo se dit ouvert à une “intégration plus poussée” de l’IA au sein du navigateur, afin de combler ces deux lacunes grâce à des partenariats. Mais il prévient que cette évolution soulève des questions sur la protection de la vie privée. Et engendre des incertitudes liées aux coûts d’inférence, si certaines fonctionnalités, comme le résumé d’une page Web, ne peuvent pas être exécutées localement. “Pour certaines expériences, il sera sans doute inévitable de répercuter les coûts sur les utilisateurs”, avertit-il.
Firefox peut-il profiter de l’IA ?
Dans cette bataille à venir, Mozilla estime pourtant avoir sa carte à jouer. Contrairement à la majorité de ses rivaux, la fondation ne développe pas son propre modèle de langage. Elle n’a donc “aucun intérêt à promouvoir une solution propriétaire”, souligne Anthony Enzor-DeMeo. Les utilisateurs de Firefox pourront ainsi choisir entre navigation classique et expérience enrichie par l’IA, tout en restant libres de sélectionner le chatbot qu’ils souhaitent utiliser – et de changer sans avoir aussi à basculer de navigateur.
Firefox part aussi avec des handicaps. Sa notoriété décline depuis des années, notamment parce que le navigateur n’existe quasiment pas sur mobile. Une tendance toujours difficile à inverser. Et si le secteur venait réellement à être bouleversé, il paraît plus probable que cela profite davantage à OpenAI ou Perplexity, qui disposent déjà d’une base d’adeptes à leurs services d’IA. Sans compter que les habitudes des internautes évoluent lentement, et que nombre d’utilisateurs de Chrome ou Safari sont étroitement liés aux écosystèmes de Google ou d’Apple.
Pour aller plus loin:
– Avec Atlas, OpenAI lance la bataille des navigateurs Internet
– Pour son vingtième anniversaire, Firefox s’offre des doutes sur sa survie
PARTENAIRE
Génération AI: trois jours pour plonger au cœur de la révolution IA
L’intelligence artificielle n’est plus une promesse, c’est une révolution en marche. Les 9, 10 et 11 décembre 2025, la conférence Génération AI réunira au CNIT Paris La Défense les acteurs qui façonnent cette transformation: experts, entreprises et institutions viendront débattre de l’impact de l’IA sur l’éducation, la création, les médias et le monde de l’entreprise.
Trois jours pour prendre du recul et dresser un panorama lucide des mutations en cours: de la montée en puissance des agents conversationnels à la refonte des modèles d’apprentissage, en passant par la transformation des métiers. Les échanges mettront en lumière une idée commune: l’enjeu n’est plus la technologie, mais la manière dont on s’en empare.
Parmi les premiers intervenants annoncés: d’OpenAI, NVidia, Google DeepMind Mistral, Kyutai, Microsoft ou encore Hugging Face. Et des responsable de TotalEnergies, BNP Paribas, SNCF Voyageurs, Radio France et Back Market partageront leurs retours d’expérience sur l’intégration concrète de l’IA dans leurs activités.
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OpenAI condamnée pour la première fois pour violation du droit d’auteur
C’est un verdict inédit contre OpenAI. Pour la première fois depuis le lancement de ChatGPT il y a trois ans, l’entreprise vedette de l’intelligence artificielle générative a été condamnée pour violation du droit d’auteur. Mardi, un tribunal de Munich a estimé qu’elle avait enfreint la loi en reproduisant les paroles de chansons dans les résultats de son chatbot. Une nouvelle audience est prévue pour déterminer le montant des dommages et intérêts. OpenAI peut faire appel de ce verdict, potentiellement jusqu’à la Cour de Justice de l’Union européenne.
Vers une jurisprudence en Europe ?
La plainte contre le concepteur de ChatGPT avait été déposée l’an passé par la GEMA, l’organisme allemand de gestion des droits d’auteur, équivalent de la Sacem française. Elle lui reprochait d’avoir utilisé des paroles de chansons pour entraîner ses grands modèles de langage, sans autorisation ni rémunération des ayants droit. Puis, de les avoir restitués lorsqu’un utilisateur le demandait. Depuis, ChatGPT ne partage plus les paroles complètes en Allemagne, comme en France, expliquant qu’elles sont “protégées par le droit d’auteur”.
Cette première condamnation pourrait faire jurisprudence en Europe, dans l’attente d’un éventuel arrêt de la Cour de Justice. La législation européenne sur les droits d’auteur est plus stricte que dans d’autres pays. Aux États-Unis, par exemple, la loi inclut le principe d’“usage raisonnable”, qui permet d’utiliser des œuvres protégées dans certains cas. En revanche, les amendes prévues en Europe sont bien moins lourdes que celles pouvant être infligées par la justice américaine, qui peuvent aller jusqu’à 150.000 dollars par infraction constatée.
Pour aller plus loin:
– OpenAI réclame un assouplissement du droit d’auteur pour les modèles d’IA
– Grâce à Anthropic, l’IA remporte une bataille judiciaire… sur le papier
Stability AI remporte le premier round judiciaire contre Getty Images
Sur le papier, c’est une victoire judiciaire totale pour Stability AI. Début novembre, la justice britannique a rejeté les accusations Getty Images, la grande banque de photos américaine, qui reprochait à la start-up d’intelligence artificielle générative d’avoir utilisé pas moins de 12 millions de clichés de son catalogue pour entraîner ses modèles. Dans les faits, cependant, la portée de ce jugement reste limitée et ne préjuge en rien de l’issue de l’affaire en cours devant la justice américaine.
Entraînement aux États-Unis
Lors du procès qui s’est tenu en juin, Getty a en effet dû abandonner sa principale accusation pour des raisons techniques. Les avocats de Stability ont souligné que l’entraînement des modèles de la start-up s’était déroulé aux États-Unis sur des serveurs cloud d’Amazon. Et donc que la justice britannique n’était pas compétente pour statuer sur cet aspect du dossier. Dès lors, la juge a estimé que l’importation qu’un modèle entraîné à l’étranger ne pouvait pas constituer une violation indirecte du droit d’auteur au Royaume-Uni.
Cet argument ne pourra pas être utilisé devant la justice américaine. Sur le fond, Stability argue qu’elle n’a pas violé la propriété intellectuelle de Getty. Elle invoque le principe de fair use, qui autorise un “usage raisonnable” de textes ou d’images protégées pour en créer de nouveaux ayant une “valeur transformative”. Autrement dit, les photos générées par son service ne copient pas celles de Getty, elles s’en inspirent. “Nos outils produisent des œuvres fondées sur le savoir collectif de l’humanité”, assure ainsi Stability.
Pour aller plus loin:
– Pourquoi la défaite judiciaire d’une start-up d’IA pourrait avoir de lourdes conséquences
– Face à l’IA, l’industrie du disque ne sait pas sur quel pied danser
Crédit photos: Firefox – OpenAI





C’est fascinant. Ça fait un bail que j’ai abandonné Firefox pour Chrome. Par contre, j’ai récemment configuré le navigateur intelligent Atlas comme navigateur par défaut sur mon Mac, et je suis vraiment impressionné.